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Le Japon profond pour les nuls

Notre sentiment religieux ? La nature et les ancêtres

22 Juin 2015, 15:30pm

Publié par Ohisama Maruzo

Notre sentiment religieux ? La nature et les ancêtres

En général, quand il est question de la religion du Japon, on parle de bouddhisme et de shintoïsme.

Ce dernier est très différent des autres religions du monde : il n’a ni fondateur, ni livre sacré, ni aucun précepte. L’origine de cette religion se trouve dans les prières spontanées adressées aux grandes formes de la nature comme la mer, les montagnes, les forêts. Des prières basées sur le respect et même l’adoration par le peuple. Les temples shintoïstes sont des endroits choisis pour que les esprits de la grande nature y descendent temporairement pour la célébration. C’est pourquoi il y a toujours une foret ou une montagne derrière le temple.

Le bouddhisme, reconnu comme une des religions majeures du peuple japonais, a pris de l’importance par le cultes aux ancêtres ; il est devenu un bouddhisme différent de l’enseignement d’origine de Gautama Bouddha, comme je l’ai déjà souligné. Dans chaque autel bouddhiste familial, il n’y a pas de figurine de Bouddha mais un Ihai (tablette en bois portant le nom de la lignée ou des aïeux) considéré comme le « perchoir » des ancêtres de la famille.

Les adeptes des autres religions surmontent la difficulté de la vie par la foi en leur Dieu. Les Japonais ne croient pas à un Dieu qui donne le salut éternel.

La longévité moyenne des femmes japonaises (87 ans) est la plus élevée dans le monde, celle des hommes (80 ans) vient en 4è position. Il y a de plus en plus de centenaires. Ils sont appelés « Hyakuju-sha » («personnes aux cent bonheurs »). Des études ont révélé deux points communs aux Hyakuju-sha.

En premier lieu, ils ont tendance à être reconnaissant des petites choses de la vie quotidienne ; ils sont heureux simplement d’être vivants. D’autre part, ils ont le sentiment de rester toujours près des défunts de leur famille et de leur entourage. A leur âge, la plupart de leurs proches sont morts, mais dans leur rituel quotidien (trois bâtons d’encens brûlés devant l’autel bouddhique), ils ont le sentiment réel de continuer à vivre avec les défunts.

Tel est le point vue typique des Japonais sur la mort. C’est pourquoi ils n’ont pas eu besoin d’introduire une des religions du monde qui renforcent l’âme de chacun : depuis des siècles, ils sont pénétrés du sentiment de solidarité avec les ancêtres.

Ceci pour répondre à la question du journaliste suisse :

« lorsque j'observe la foule japonaise, je me demande s'il en est de même ou si ces individus sont tendus vers un but collectif. En Europe, aux Etats-Unis, le bien de la nation est un socle pour l'épanouissement des individus. Je ne sais pas si au Japon l'épanouissement personnel n'est que très secondaire par rapport au but collectif: le bien de la nation. »

Il nous est parfois difficile de nous connaître nous-mêmes objectivement, mais je peux imaginer que notre conscience est plus orientée vers le collectif que vers l’individuel. Est-ce la raison pour laquelle nous avons de la facilité à éprouver ce sentiment de solidarité avec nos ancêtres ? Ou bien cette tendance s’est-elle développée chez nous grâce au culte des ancêtres ? A mon avis, ce sont les deux…

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